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Poser une cloison en plaques de plâtre, ossature, entraxe et jeux

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Poser une cloison en plaques de plâtre, ossature, entraxe et jeux

Une cloison en plaques de plâtre paraît simple parce que le résultat est plat. La pose d’une cloison placo se juge pourtant sur des détails invisibles une fois la bande tirée : la précision du traçage, l’écartement des montants, la présence ou l’absence d’un jeu en pied de plaque, la position exacte d’un renfort là où viendra un meuble haut. Ces choix se prennent en quelques minutes au démarrage et se paient pendant des années si personne ne les a posés.

Le traçage décide de tout

Avant qu’un rail ne soit fixé, une cloison est déjà réussie ou ratée. Le traçage part d’une référence fiable, jamais d’un mur existant supposé droit. Sur un bâti ancien, aucun mur ne l’est.

La méthode reste la même partout : on trace l’axe de la cloison au sol, au cordeau, en partant d’une ligne de référence extérieure au chantier ; on reporte cette ligne au plafond au fil à plomb ou au laser ; on vérifie les équerrages en diagonale avant de percer quoi que ce soit. Le report au plafond mérite une attention réelle : une cloison plombée au laser sur trois mètres de hauteur pardonne mal un décalage d’un centimètre en tête, qui se lira ensuite sur toutes les portes et toutes les plinthes.

Trois vérifications valent d’être faites à ce moment précis, quand elles ne coûtent encore rien :

  1. la largeur libre des passages, mesurée après habillage et non entre ossatures, pour les portes et les circulations ;
  2. la position des points d’eau et des attentes électriques, qui doivent tomber dans un vide de cloison et non sur un montant ;
  3. la compatibilité avec le plafond prévu, en particulier si la cloison doit filer jusqu’à la dalle ou s’arrêter sous un plafond suspendu sur ossature.

L’ossature métallique, rails, montants et entraxes

Ossature métallique de cloison avec rails au sol et montants verticaux avant pose des plaques

Une cloison courante se compose de rails horizontaux fixés au sol et au plafond, et de montants verticaux glissés entre eux. Les profilés se désignent par leur largeur en millimètres, et la cloison par une double valeur : l’épaisseur totale finie, puis la largeur de l’ossature. Une cloison dite 72/48 associe ainsi des profilés de 48 mm et un parement de 12,5 mm de chaque côté.

Désignation couranteOssatureParementsUsage typique
72/48Profilés 48 mm1 plaque par faceCloison de distribution standard
98/48Profilés 48 mm2 plaques par faceRenfort mécanique et acoustique
95/70Profilés 70 mm1 plaque par facePassage de réseaux, meilleure isolation
120/70 et au-delàProfilés 70 mm ou 90 mm2 plaques par faceSéparation entre logements, exigences renforcées

L’entraxe des montants constitue la décision structurante. La valeur de référence des cloisons de distribution se situe à 60 cm d’axe en axe, ce qui correspond à la largeur des plaques standard de 1 200 mm : chaque plaque retombe alors sur un montant en son milieu et sur deux montants en rives. Passer à 40 cm rigidifie sensiblement l’ouvrage et devient la règle dans les locaux très sollicités, sur les grandes hauteurs, et sous certaines exigences de résistance au feu ou de tenue de charge.

La fixation des rails se fait au sol et au plafond selon la nature du support, avec des chevilles adaptées à un béton, à une dalle bois ou à une maçonnerie de pierre irrégulière. Une bande résiliente interposée sous les rails désolidarise la cloison de la structure : elle coupe une partie des transmissions solidiennes et évite qu’un choc au sol ne se propage. Son coût est dérisoire, son oubli irrattrapable.

Les montants se coupent volontairement un peu plus courts que la hauteur libre, de l’ordre du centimètre, pour ne pas jouer les étais sous un plafond qui travaille. Ils s’orientent tous dans le même sens, ce qui permet d’appuyer la plaque sur l’aile pleine et non sur le retour du profilé.

Vissage et jeux, les pièges d’une pose de cloison placo

Les plaques se posent verticalement dans la plupart des cas, avec un décalage des joints d’une face à l’autre pour éviter de superposer les faiblesses. Aucun joint de plaque ne doit tomber dans le prolongement d’un angle d’ouverture : un tableau de porte prolongé par un joint vertical fissure presque à coup sûr. La découpe en L autour des baies, plus longue à réaliser, règle ce problème définitivement.

Le vissage suit quelques constantes :

  • espacement des vis de l’ordre de 30 cm sur les montants courants, resserré en rives ;
  • vis implantée à une distance suffisante du bord de plaque pour ne pas épaufrer le carton ;
  • tête de vis légèrement noyée, sans déchirer le parement, ce qui suppose un embout à butée de profondeur ;
  • vis adaptées à l’épaisseur du métal, les profilés renforcés exigeant une pointe perceuse.

Le jeu en pied de plaque appartient à la même famille de détails décisifs. La plaque ne repose jamais directement sur le sol : une cale la maintient à environ un centimètre, ce qui la protège des remontées d’eau lors d’un lavage de sol ou d’un dégât des eaux, et laisse la chape ou le carrelage venir se glisser dessous. Ce jeu se rebouche ensuite au mastic ou se masque par la plinthe.

En tête, la logique s’inverse selon le contexte. Sous un plancher susceptible de fléchir, ou dans une construction bois, un jeu de désolidarisation évite que la cloison ne reprenne des charges qu’elle n’est pas censée porter. Les fabricants décrivent des dispositions spécifiques pour ces cas, avec des rails à ailes hautes et un mastic souple.

Dernier piège classique : la cloison qui vient mourir contre un mur en pierre irrégulier. Le rail vertical de rive ne peut pas suivre un fruit de maçonnerie. La solution consiste à créer un tasseau ou un profilé d’appui calé au mortier, puis à traiter le raccord au mastic souple plutôt qu’à la bande rigide, qui fissurerait au premier mouvement.

Renforts, charges suspendues et réservations

Renfort bois vissé entre deux montants métalliques pour la fixation d’un meuble suspendu

Une cloison placo sur ossature supporte des charges, à condition qu’on l’y ait préparée. Le principe est simple : reporter l’effort sur l’ossature ou sur un renfort continu, jamais sur la seule plaque.

Trois familles de solutions cohabitent :

  1. le renfort intégré, panneau de bois ou profilé posé entre deux montants au moment du montage, à la hauteur exacte du futur meuble ;
  2. les traverses métalliques, moins encombrantes, adaptées aux charges modérées et aux appareils sanitaires légers ;
  3. le bâti-support pour un appareil sanitaire suspendu, pièce autoportante fixée au sol et à l’ossature, qui ne dépend pas de la cloison.

Pour les charges plus légères, les chevilles à expansion métalliques et les chevilles à bascule offrent des capacités publiées par les fabricants, exprimées par point de fixation et selon l’épaisseur du parement. Ces valeurs se lisent dans la documentation du produit retenu : elles varient assez pour qu’une règle générale n’ait pas de sens, et la charge admissible chute nettement dès que la fixation travaille en arrachement plutôt qu’en cisaillement.

Les réservations méritent la même anticipation. Les gaines électriques passent par les perforations des montants, munies de leurs bagues de protection, jamais en travers d’un profilé découpé à la volée. Les boîtes d’encastrement pour cloison creuse se positionnent avant fermeture de la seconde face, et se repèrent au sol ou sur photo, faute de quoi il faudra les retrouver au détecteur.

Ce qu’il faut compter en matière et en temps

Estimer une cloison avant de commander évite les allers-retours et les chutes inutiles. Les quantités se déduisent presque mécaniquement de la surface développée, c’est-à-dire de la surface de cloison multipliée par deux faces.

FournitureQuantité indicativeBase de calcul
Plaques de plâtreSurface de cloison x 2Ajouter 10 % de chutes, davantage sur trémies et angles
Montants verticauxEnviron 1,8 ml par m² de cloisonEntraxe 60 cm, hauteur sous plafond courante
Rails horizontauxLongueur de cloison x 2Sol et plafond
Vis à plaqueDe l’ordre de 25 à 35 par m² de parementEspacement 30 cm, rives resserrées
Isolant en panneauSurface de cloisonÉpaisseur adaptée à la largeur d’ossature

Le temps de pose varie beaucoup selon la régularité du support et le nombre de découpes. Une cloison droite, sans porte ni réservation, avance vite ; la même surface morcelée par deux baies, une trémie de gaine technique et un retour d’angle demande facilement le double. Les points de fuite acoustiques et les découpes autour des boîtiers concentrent l’essentiel du temps perdu, ce qui explique qu’un devis raisonne au mètre carré tout en majorant les ouvrages particuliers.

Cloisons techniques : acoustique, humidité, feu

Trois exigences transforment une cloison ordinaire en ouvrage particulier, et chacune se traite par des dispositions cumulatives.

L’acoustique repose sur la masse, la désolidarisation et l’absorption. Doubler les parements, garnir le vide d’un isolant fibreux, élargir l’ossature, poser la bande résiliente et traiter tous les points de fuite d’air produisent un gain mesurable. Une seule prise de courant traversante ou un joint périphérique mal réalisé suffit à annuler une partie du bénéfice, car l’air passe là où le son passe.

Les pièces humides appellent des plaques à absorption d’eau réduite, reconnaissables à leur teinte, associées à un système d’étanchéité sous carrelage dans les zones directement exposées. La plaque hydrofuge n’est pas une plaque étanche : elle résiste mieux à l’humidité ambiante, elle ne protège pas d’un ruissellement.

La résistance au feu, enfin, ne se déduit jamais d’un composant isolé. Elle résulte d’un système complet, plaques spécifiques, entraxe imposé, traitement des jonctions et des traversées, validé par un procès-verbal d’essai. Sur ce sujet, seule la fiche du système retenu fait foi.

Une fois l’ossature fermée, le sort de la cloison se joue sur la suite du travail, quand les bandes et l’enduit fixent le niveau de finition. Et comme la plâtrerie représente une part significative d’un second œuvre, ces choix pèsent directement sur l’enveloppe globale d’une rénovation.